Coucou : la belle sortie!

Vendredi dernier, j’ai eu la chance de voir la pièce de théâtre Vol au-dessus d’un nid de coucou au Théâtre du Rideau Vert. C’est une pièce de Dale Wasserman, mise en scène par Michel Monty et une adaptation du roman très connu de Ken Kessey, One Flew Over The Cuckoo’s Nest. La pièce est une ode à la liberté et la marginalité!

Randle McMurphy, personnage très malin et un brin cinglé qui, afin de s’éviter des travaux forcés, feint la folie et se retrouve à l’hôpital psychiatrique! Ça vous dit quelque chose ?

 

Ce qui me vient d’abord en tête c’est le film marquant de Milos Forman, Vol au-dessus d’un nid de coucou, récompensé d’ailleurs de cinq prix Oscars en 1976. Il faut dire que la réussite de ce film est indissociable à l’interprétation unique et inimitable de Jack Nicholson qui personnifie McMurphy. Son jeu est rempli de justesse et de plaisir malsain!

 

Mais revenons à la version théâtrale!

Dans la version du Théâtre du Rideau Vert, les comédiens québécois Mathieu Quesnel et Julie Le Breton incarnent respectivement  les rôles de Randle McMurphy, le personnage principal et Ratched, l’infirmière en chef de l’hôpital psychiatrique. La ligne directrice de la pièce est très similaire au film et au livre : Randle McMurphy se retrouve pris au piège dans sa propre escroquerie et conteste sans cesse l’emprise sur les patients qu’à l’infâme infirmière Ratched.

Un brin comique par moment, les répliques tranchantes des acteurs séduisent avec un accent purement québécois! Les passages émouvants de la pièce relatent plutôt fidèlement les scènes cultes du film. Je pense par exemple à tous les moments aliénants où l’infirmière Ratched ridiculise et traitent les patients avec mépris, ou encore la fameuse scène où McMurphy sème le chaos pour écouter le baseball. Jusqu’au geste rempli de désespoir du jeune Billy! On retrouve petit à petit nos repères et chacun des moments marquants me touchent encore!

Photo : François Laplante

 

On aime que Mathieu Quesnel aille complètement ailleurs dans son interprétation, que ce qu’a fait Nicholson dans le film. Avec un look revisité et des répliques qu’il s’est approprié d’une manière plus personnelle, le comédien nous fait presque (je dis bien presque) oublier l’iconique Jack Nicholson. Même si le personnage de Randle n’est pas joué avec autant de subtilité qu’au grand écran, l’énergie de Quesnel témoigne sans aucun doute du désir de confrontation du personnage. L’interprétation est sincère et on arrive à y croire!

Le Voir a d’ailleurs réalisé une excellente entrevue avec le comédien Mathieu Quesnel.

Mathieu Quesnel, incomparable coucou

Julie Le Breton réussit quant à elle le défi de nous la faire haïr en étant juste assez autoritaire et froide pour bien incarner le rôle. Renaud Lacelle-Bourdon offre également une performance impressionnante dans le personnage de Billy. Il nous attendrit avec ses problèmes d’élocution ainsi que sa peur du rejet. On ne peut être indifférent à son mal-être tout au long de la pièce. Coup de cœur aussi pour le comédien Jacques Newashish, natif du territoire Atikamekw. Il arrive en peu de mots à nous faire prendre conscience de la détresse de son personnage, le chef Bromden.

 

Lors de son passage à Tout le monde en parle, la comédienne Julie Le Breton  s’est confié sur son rôle de Ratched  :

Le décor,  se déployant dans un espace théâtrale limité, reflète bien l’atmosphère de folie et le climat d’oppression sans trop en faire. Plusieurs éléments visuels du décor sont d’une simplicité et soutiennent les moments forts de la pièce. Je pense entre autres au moment où Randle subit des électrochocs et qu’on peut apercevoir sa silhouette à travers les rideaux sans jamais réellement le voir ou encore le moment où les lumières se tamisent pour laisser libre cours aux réflexions sombres du chef Bromden.

L’impression générale qui se dégage de cette belle sortie ? La pièce de théâtre me donne l’envie folle de me jeter sur le divan et de réécouter le film classique Vol au-dessus d’un nid de coucou!

Vous souhaitez voir la pièce ? Elle est présentée jusqu’au 23 avril au Théâtre du Rideau Vert.

Par Naomie Rousseau

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